Retour aux archives

L’humidité, amie ou ennemie?

Je me rappelle il y a déjà plus d'une quinzaine d’année, la compagnie pour laquelle je travaillais en Floride m’avait envoyé en Arizona où je devais être en charge de la construction d’une boutique dans un nouveau centre d’achat de Scottsdale en banlieue de Phoenix. Partant d’un milieu extrêmement humide qu’était la Floride, le séjour fut brutal, l’air y était chaud, poussiéreux et très sec, le mal de gorge et les saignements de nez étaient choses quotidiennes. Le seul confort que j’avais était le soir à mon retour à l’hôtel. Une fois ma douche prise, j’y laissais couler l’eau chaude pendant au moins une heure pour humidifier la chambre et la rendre confortable pour le soir et la nuit. 

Le corps humain se sent confortable lorsque le taux d’humidité relative optimal se situe entre 30 et 55. Si l’humidité est trop faible et que l’air est trop sec, il risque de se produire de l’électricité statique et ce sans parler des troubles de santé comme l’irritation des muqueuses nasales et de la gorge pouvant mener à des troubles respiratoires plus sévères. Si, par contre, l’humidité est excessive, il est possible de voir apparaître des moisissures et de la condensation sur les surfaces froides comme les fenêtres. Pour des raisons de santé et de confort, nous serons porté à garder un taux d’humidité élevé dans nos maisons, mais cette même humidité sera l’ennemi numéro un de nos demeures en causant des problèmes de givre, de condensation, de moisissure et de pourriture. 

Mais qu’est-ce que l’humidité relative? L’humidité relative (HR) est la quantité d’eau qui est contenue dans un volume d’air donné à une température donnée. L’air prend de l’expansion quand il est réchauffé mais la quantité d’eau contenue dans cet air ne change pas, la proportion eau versus air a donc diminuée, c’est ce qu’on appelle l’humidité relative. Mesuré en pourcentage, le résultat varie entre 0 et 100. Lorsque l’air ne peut plus contenir d’eau et que le taux HR se trouve à être au-delà de 100, alors l’air est saturé ce qui cause de la rosée, de la condensation, et de la pluie. Étant donné que le taux HR est dépendant de la température, nous y retrouverons aussi du givre, des cristaux de glace et de la neige.

  

La vapeur d’eau n’est pas un problème en elle-même, les troubles surviennent quand le taux atteint 100%, nous parlons ici du ¨point de rosée¨.  Le point de rosée est déterminé par la température sèche (température mesurée au thermomètre) à laquelle il faut refroidir l’air pour que commence le processus de déshumidification. En d’autres mots, l’air chaud lorsque refroidi, diminue de volume mais la quantité d’eau qu’il contient demeure  inchangée. Quand le volume d’air devient trop petit et qu’il ne peut plus contenir toute cette vapeur d’eau, elle se change alors sous forme de condensation.  Un exemple est lorsque l’air chaud entre en contact avec une surface froide comme les fenêtres. Nous pouvons aussi voir ce phénomène en été quand l’air chaud de la journée se refroidi en soirée, les vapeurs d’eau contenues dans l’air se transforment en gouttelettes qui se déposent sur les surfaces.

Ce phénomène de point de rosée survient aussi dans les murs extérieurs de nos maisons et dans l’entre toit. L’air chaud de la maison qui fuit dehors produit de la condensation quand celui-ci entre en contact avec le froid d’où l’importance d’une isolation adéquate de toute l’enveloppe du bâtiment et de l’installation d’un RDVE (retardateur de diffusion de la vapeur d’eau ou, communément appelé à tort, pare-vapeur). Il est important de bien sceller toutes les fissures et points d’entrés où l’air peut s’infiltrer dans les murs et plafonds comme les prises électriques, les lumières, les tours de fenêtres etc. sinon il pourrait y avoir des risques d’humidité dans les murs d’où les risques de pourriture et de moisissure. Trop souvent, lors d’inspections je vois des accumulations d’humidité, voir même d’eau et de givre dans l’isolant autour des trappes d’accès des entre toits et sur les structures avoisinantes. Je recommande souvent l’installation d’un coupe-froid autour de la trappe car l’air chaud de l’intérieur se trouve littéralement aspiré dehors par l’effet de cheminé de l’entre toit.

La quantité de vapeur d’eau produite à tous les jours dans les maisons est plutôt importante et doit être contrôlée à l’aide de ventilateurs, déshumidificateurs, d’échangeurs et d’une bonne régulation de la température. 4 occupants d’une maison produiront 5 litres de vapeur d’eau par jour, la cuisson de 3 repas et le lavage de vaisselles produiront 1 ½  litres. Le lavage de 10 mètres carrés de plancher et le séchage des vêtements à l’intérieur produiront 2.2 litres. Les vides sanitaires dont la terre est exposée et non recouverte produira entre 40 et 50 litres de vapeur d’eau par jour et l’entreposage et l’utilisation de bois de chauffage en produira 5.  Tout ça sans parler de l’humidité de la salle de bain, des plantes, des aquariums et j’en passe.

Un taux d’humidité trop élevé causera des problèmes aux composants de votre maison incluant la condensation sur les fenêtres et la détérioration des cadres et des murs sous ces mêmes fenêtres. Le boursouflement de la peinture, l’apparition de «poussière» ou de taches au niveau du plafond et des murs et l’apparition de moisissure. Efflorescence et digues de glace, dont j’ai déjà mentionné dans mes chroniques antérieures sont des problèmes causés par l’humidité et bien sûr, une dégradation prématurée de la structure. La prolifération d’insectes à cause de l’humidité peut aussi, donner bien des maux de têtes et c’est pourquoi qu’il est important de la contrôler adéquatement et à en venir à un équilibre acceptable entre nous, l’humain et notre demeure.